Tableaux de Maîtres Allemands, Flamands, Français, Hollandais et Italiens
des XVIIe et XVIIIe siècles


Jacob TOORENVLIET
Leyde, 1640 – Leyde, 1719
Une réunion musicale
Huile sur toile
Signée en bas à gauche :
« J. Toor […] »
48,5 x 64,5 cm
Après une première formation dans l’atelier de son père Abraham Toorenvliet, Jacob Toorenvliet suivit sans doute l’enseignement de Gérard Dou dont le type des figures, les compositions et les formats réduits l’influencèrent durablement. En 1670, il partit pour l’Italie, résidant d’abord à Rome puis à Venise où il se maria. Il gagna ensuite Vienne où il demeura environ cinq ans avant de rentrer en Hollande en 1679. Après avoir travaillé à Amsterdam entre 1680 et 1686, il se fixe dans sa ville natale de Leyde et devint membre de la guilde. En compagnie de Willem van Mieris et de Carel de Moor, il fonda la Tekenakademie (Académie des dessinateurs) au sein de laquelle il exerça jusque vers 1702. Outre quelques portraits et peintures d’histoire, son œuvre est essentiellement composée de petites peintures de genre.
La pratique de la musique et du chant connut une vogue immense dans les familles de la bourgeoisie hollandaise à la fin du XVIIe siècle, comme en témoigne notre tableau. La viole de gambe, le clavecin, le violon et le luth qu’y a représenté Toorenvliet accompagnent les chanteurs. Contrairement à de nombreuses images contemporaines d’assemblées de musiciens représentés en costumes débraillés, notre tableau frappe par sa douceur : l’innocence de ces plaisirs musicaux suggère l’harmonie qui règne au sein du cercle familial. Les vêtements des personnages permettent de dater notre œuvre aux alentours de 1700, ce qui en fait l’une des dernières compositions de l’artiste. La composition équilibrée, les couleurs raffinées qui jouent des contrastes des vêtements et les attitudes concentrées des musiciens, enivrés par la musique, créent une atmosphère d’enchantement propre à l’art de Toorenvliet.

Nous remercions Suzanne H. Karau, qui confirme l’attribution de notre tableau à Jacob Toorenvliet, pour l’aide qu’elle nous a apportée à la rédaction de cette notice. L’œuvre sera inclus dans Suzanne H. Karau, Der Leidener Maler Jacob Toorenvliet (1640-1719) [Thèse de Doctorat de la Freie Universität Berlin]

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