Jan TILENS
Anvers, 1589 - 1630
Caprice architectural, vue du Palatin à Rome
Huile sur panneau
75 x 125 cm

Signé en bas à gauche : J. TILENS. VI et daté indistinctement.
Provenance :
Galerie W. Sabin, Londres.
Galerie Douwes, Amsterdam, 1961.
F. C. Butot, Sanct Gilden.
Collection privée, Grande-Bretagne.

an Tilens est un contemporain de Willem van Nieulandt (Anvers 1584-1635). Notre tableau est intéressant, car il atteste clairement que le peintre a dû séjourner à Rome. D’autres œuvres de van Nieulandt contiennent également un certain nombre d’éléments italianisants, et le large Paysage avec Diane et ses Nymphes, conservé à Berlin, montre l’influence qu’a eu l’œuvre de Paul Bril sur van Nieulandt. En dehors des artistes comme Rubens et Van Dyck, de nombreux autres peintres flamands ont été attirés par Rome au début du XVIIe siècle, et ont été impressionnés par la vue des grands monuments romains. L’expression « Roma quanta fuit ipsa ruina docet », « les ruines prouvent que Rome a été grande », figure ainsi dans un dessin de Maarten van Heemskerk, qui représente le Palatin (Berlin, cabinet des dessins). Les peintres flamands ont été les premiers à représenter les ruines, et ont ainsi commencé une tradition qui, plus d’un siècle plus tard, s’était largement développée dans le travail de Gaspar van Wittel et Hendrick van Lint. Les premières représentations des ruines, comme celles de Willem van Nieulandt, n’ont souvent pas été entièrement topographiques, mais donnent au contraire une interprétation intéressante de l’échelle des ruines en relation avec les personnages rendus à une échelle plus réduite.
L’artiste s’est représenté lui-même au centre de la composition, avec l’extrêmité du Circus Maximus, rendu ici avec les ruines et probablement observé à partir du Forum, appelé à cette époque le « Campo Vaccino », ou « pâture de vaches ». De nombreux visiteurs ressentirent le même étonnement face aux ruines de Rome. Par exemple Poggio Bracciolini exprime sa nostalgie par rapport à la grandeur révolue : « le Forum Romanum est la place la plus célèbre de la ville, c’est là où les Romains se réunissaient et où les lois étaient dictées, et à proximité on trouve le Comiteum, là où les magistrats étaient élus ».
Les colonnes du côté droit du tableau, délimitent l’espace du paysage de Tilens, et sont basées sur les colonnes dressées du temple de Vespasien sur le Forum. En Flandres, Tilens collaborait souvent avec d’autres artistes comme Hendrik van Balen, qui a ajouté des personnages dans les représentations des paysages. Mais les œuvres de Tilens les plus importantes sont celles consacrées aux paysages, comme notre tableau et les Collines Italiennes avec la Fuite en Egypte, légué par feu R. H. Wilenski au Kunsthistorisches Museum de Vienne (inv. N° 1785, panneau, 62 x 94 cm, signé et daté en 1610).

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